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Instants parisiens


Diversion

Dans cet ensemble de photographies, deux univers visuels distincts se trouvent séparés par une surface translucide, tantôt une bâche épaisse, taillée dans une matière triviale, tantôt une vitre surchargée de caractères cursifs. D’un côté, la réalité, trop lisible et passablement terne, où le photographe a planté son trépied ; de l’autre, ce même paysage réveillé par une douce rumeur chromatique, par des irisations à la fois tamisées et sonores.

Instants parisiens. À cette heure vespérale où le négoce s’est tu, des silhouettes de passants hâtent le pas dans une rue piétonne ; d’autres citadins, saluant le loisir salutaire, s’attardent à la table d’un bistrot, savourent de petites gorgées de bière, dilapident des bribes de conversation, des fragments de leur vie éparse ; et parfois, plus rarement, jouent aux cartes entre camarades de fac.

Et tant pis, ou tant mieux, si le bar-restaurant que l’on voit ici n’existe déjà plus. Ou plutôt : le vieux décor n’est plus. Les cafés de Paris, pourrait-on dire à la suite du poète des Tableaux parisiens, « changent plus vite, hélas, que le cœur d’un mortel ».